Retours sur les journées d’échange du petit éolien 2 et 3 février 2011 à Valence

Les journées d’échange sur le petit éolien proposées par la Région Rhône-Alpes les 2 et 3 février 2011 à Valence Rovaltain ont été un succès. Cette manifestation, constituant une première en France, a été organisée avec le soutien de Rhônalpénergie-Environnement, de l’Association Française des Professionnels du Petit Eolien (AFPPE) et de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Drôme.

Plus de 150 professionnels, personnels des administrations et porteurs de projets se sont retrouvés pendant deux jours pour des discussions fructueuses, la visite d’un espace « exposants », le tout dans une ambiance très conviviale. Toutes les questions touchant à cette filière ont été abordées : les obstacles et contraintes, la technique, les machines, l’installation, la réglementation, les tarifs d’achat, l’analyse du gisement de vent…

L’AFPPE estime que le petit éolien embauche aujourd’hui environ 600 personnes en France. Si les pouvoirs publics incitaient à son développement notamment par un tarif d’achat spécifique, la filière pourrait créer 15 000 emplois en 5 ans. Nos voisins européens l’on déjà compris en développant des tarifs d’achat incitatifs : 30 à 60c€ au Royaume-Uni, 45c€ au Portugal, 30c€ en Italie… et des centaines de petites machines installées dans ces pays.

En France, le petit éolien doit faire face à la problématique des ZDE et même s’il parvient à s’intégrer dans ces zones, le tarif grand éolien (8,2c€) est beaucoup trop faible pour permettre une rentabilité des projets inférieure à 20 ans. Les démarches, les délais et parfois les coûts liés au raccordement des installations au réseau de distribution, constituent également une contrainte forte. Le manque de connaissance de cette filière des différents intervenants (Consuel, ERDF…) y est certainement pour quelque chose.

Malgré l’absence d’aide adaptée, la filière est dynamique et des centaines d’installations ont été réalisées en France ces 3 dernières années. Malheureusement, elles ne le sont pas toujours dans de bonnes conditions. Limitées par le seuil du permis de construire, dont l’obtention implique des démarches parfois tortueuses, les machines sont trop souvent installées en dessous de 12 m, hauteur à laquelle le gisement de vent est très limité. Certaines entreprises avouent même que toutes les machines installées n’ont pas nécessairement vocation à produire de l’énergie mais peuvent servir à communiquer ; on parle d’éolienne « totem » !

Le CSTB a démontré que le vent en ville par rapport au milieu rural présentait des vitesses beaucoup plus faibles et des effets de turbulence plus forts. La modélisation du vent en milieu urbain est complexe, et les quelques retours d’expériences d’installations montrent que le gisement en toiture de bâtiments est souvent très décevant et donc la production d’énergie très faible. Cependant, des méthodes de mesure et de calcul sont proposées par certains installateurs et bureaux d’études, elles permettent d’estimer le gisement local et d’optimiser l’implantation des machines.

 

Les questions réglementaires et administratives ont également été largement traitées lors de ces journées. Le permis de construire et sa notice d’impact mériteraient certainement d’être assouplis pour le petit éolien à qui les services de l’état, plus habitués aux gros projets qu’aux petits, demandent un niveau d’information parfois disproportionné par rapport à la taille des projets (analyse chiffrée de l’impact sonore, intégration paysagère détaillée…).

Les premières éoliennes produisant de l’électricité ont été conçues à la fin du XIXième siècle, elles ont connu une apogée dans les années 30, aux Etats-Unis notamment, puis un déclin avec le développement du réseau de distribution. Depuis, la technologie n’a finalement pas connu d’évolution majeure et tout ou presque a été testée y compris la technologie à axe vertical qui n’a jamais fait de miracle. La filière repose donc sur une technologie largement éprouvée. Mais aujourd’hui, la jeunesse de la filière industrielle et l’engouement pour la production d’énergies renouvelables conduit parfois à quelques erreurs et à des projets décevants. On oublie trop souvent qu’un bon projet de production d’électricité issue d’énergies renouvelables passe toujours par une phase d’étude et que l’analyse de la ressource disponible in situ est fondamentale. Cette analyse préalable ne doit pas se faire au « doigt mouillé » et doit pouvoir mener parfois au renoncement.

Ces journées ont en tout cas permis aux installateurs, distributeurs, bureaux d’études, services des administrations concernées et porteurs de projets qui ont participé, de repartir avec des informations de qualité et un réseau de contacts élargi. Espérons que ces journées préfigurent une plus grande reconnaissance de la filière et contribuent, à la qualité des futurs projets.

Tous les supports de présentation des deux journées sont disponibles sur :  http://www.petiteolien2011.fr